09.11.2009

Marron glacé

Quand mes poissons rouges sont décédés, j'en ai parlé autour de moi. Pour extérioriser. Je me suis rendue compte que tout le monde a une histoire d'animal mort à raconter. Je pourrais vous faire des billets sur nos chers animaux disparus pendant tout le mois de novembre. Comme ça, pour une fois, vous saurez pourquoi vous déprimez pendant cette période. Au lieu de pourrir tout votre entourage avec : "je sais pas ce que j'ai, je déprime", vous pourrez dire : "c'est à cause de Madame Kévin et de ses bêtes mortes". Finalement, vous y gagnez.

En cette belle période de transition entre la Toussaint et le 11 novembre (les poilus, tous morts, eux aussi), je vais vous faire partager l'histoire de l'écureuil d'Australie.

Il avait été apprivoisé par une gentille famille qui s'y était attachée. Un lundi matin, l'écureuil est retrouvé sans vie : il a quitté cette vallée de larmes pour un monde meilleur. La famille est éplorée. La mère, notamment, est inconsolable. Mais c'est lundi, le boulot, l'école, pas le temps d'enterrer l'écureuil. C'est décidé : il sera congelé jusqu'au week-end suivant au cours duquel les derniers hommages lui seront rendus avec l'attention qui convient.

Il entame sa deuxième année dans le congélateur. Plus personne n'a le cœur de le sortir de là.

 

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Finalement, j'ai décidé d'illustrer ce post. Pour faire flipper Gaël.

05.11.2009

La vie ordinaire à la Pétaudière Corporation

Collègue n°1 : Faut qu'on reformate notre projet, les services centraux nous bloquent. On doit rajouter 200 heures quelque part mais sans toucher le total.

Madame Kévin : Allez ! On redispatche à l'intérieur.

Collègue n°1 : Déjà, l'unité 23, on peut en enlever

Madame Kévin : On peut en enlever combien ?

Collègue n°1 : Comme l'unité 23 est divisé en deux, on peut peut-être enlever 50 : ça ferait déjà 100.

Chantal, la secrétaire : attendez, je prends des notes.

Collègue n° 2 : Comment tu arrives à 100 ?

Madame Kévin : Mais si on touche à la 23, il faut revoir la 19. Sinon, c'est déséquilibré.

Collègue n°1 : Alors qu'est-ce qu'on peut faire pour la 19 ? Parce que la 19, on ne peut pas y toucher comme à la 23, c'est pas le même sous-total.

Madame Kévin : Ou dans ces cas-là, il faut modifier toute la 19.

Collègue n°1 : Mais on n'a pas le temps.

Madame Kévin : Et stratégiquement, c'est pas dans notre intérêt.

Collègue n° 2 : Il y a quoi dans la 19, déjà ?

Madame Kévin : Donc on ne touche pas à la 19. Et on ne touche pas à la 23.

Collègue n°1 : La 23, on peut la modifier, mais à la marge.

Madame Kévin : Mais on ne va pas gagner grand-chose. Ou alors 20 heures. Dix dans chaque partie. Il reste 180 heures à trouver.

Chantal, la secrétaire : attendez, je prends des notes.

Collègue n° 2 : Comment tu arrives à 180 ?

Collègue n°1 : Je propose que les 180 heures, on les divise en 3 et on met 60 heures dans 3 unités.

Madame Kévin : ça va pas au niveau de l'ensemble, il vaut mieux répartir dans 4 unités, ce sera plus équilibré.

Collègue n°1 : Bon alors on garde les 200 heures. On oublie le bidouillage des 20 heures qui font 180. On divise 200 par 5 et on répartit sur 4 unités différentes qui peuvent être la 18 ou la 22, la 19 ou la 23, la 20 ou la 24, la 21 ou la 25.

Madame Kévin : Oui. Là, c'est bien. Et on numérote les sous-parties 18.1 / 18.2 etc. Sinon, personne ne va s'y retrouver.

Collègue n° 2 : Ah bon ?

Collègue n°1 : Chantal ? Tu peux mettre ça au propre ? Ça doit partir en urgence tout à l'heure.

15.09.2009

Fume, c'est du chihuahua

Je ne me moque pas, je m'intéresse à l'art contemporain. Ou je déprime.

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Simon Hogsberg

Putain, cette photo. Ce qui me frappe le plus, c'est la jupe à volants. On dit « jupe » pour un chien ? Une jupachien ? Elle me fait penser aux robes sévillanes, au flamenco.

Ces femmes qui dansent le flamenco, avec tant de grâce et de concentration... le mouvement des bras, le port de tête, la féminité. Pourquoi ce chien ridicule me fait penser à ces femmes si jolies ? Au-delà de tout ce qui les sépare, peut-être ont-ils en commun la difficulté de la posture et la discipline du corps.

Je raconte n'importe quoi. Ce chien me fait le même effet qu'un pétard. Je voudrais connaître sa vie quotidienne, ses habitudes. Comment est-ce qu'on le prépare le matin ? Au fait, c'est qui le « on » qui l'habille comme ça ?

28.08.2009

Je ne veux pas retourner au travail

Mes chers collègues,

avant toute chose, je voudrais remercier ceux d'entre vous qui m'ont envoyé des mails pendant mes vacances, pas pour m'inviter à l'apéro mais pour me faire bosser... Vous comprendrez que, très occupée à m'occuper de moi-même, je n'ai pas eu le temps de répondre.

Je tiens également à exprimer l'immense plaisir que j'entrevois à l'idée de vous retrouver. Je vais pouvoir renouer avec le raffinement de vos paroles et de vos actes.

  • Je pense notamment à toi, cher collègue, qui m'a dit un jour « fais pas ton étroite ».
  • J'ai également une pensée chargée d'émotion pour toi qui es venu péter dans mon bureau. C'est vrai que dans le couloir, tu te payes la honte, autant se planquer chez Madame Kévin.
  • J'anticipe le bonheur de te retrouver, toi, que d'autres ont aimablement surnommée « le cadavre » et qui portes toute l'aigreur du monde sur ton visage.
  • Je m'adresse également à toi, ma chérie, qui te jettes sur moi pour me faire la bise alors que, visiblement, tu ne t'es pas lavée depuis plusieurs jours : j'adore sentir tes cheveux gras effleurer ma joue, ils m'ont manqué pendant les vacances.
  • Et puisqu'il est bon de terminer sur une note joyeuse, je te salue, toi dont j'ai hâte de relire les mails, complètement déconnectés des problèmes professionnels que nous avons à traiter : « Rien ne pourrait être pire, dit le pessimiste. Mais si, mais si, répond l'optimiste. »

 

12.07.2009

Lettre aux gros cons

Chers gros cons frustrés (et moches, ceci expliquant certainement cela),

Quand je vais courir, seule, au bord de l'eau, ce n'est pas pour draguer. C'est pour courir. Étonnant, non ? D'ailleurs, vous remarquerez que je ne vous regarde pas et que je ne vous parle pas. Au mieux, je vous ignore. Et quand vous m'emmerdez parce que vous semblez penser que toute fille qui court seule est obligatoirement une salope, je vous méprise et je vous hais.

Sachez également que, lorsque j'ai envie de coucher, c'est moi qui choisis. Et que j'élimine d'emblée les moches, les imbéciles, les vulgaires, ceux qui croient que c'est gagné d'avance. Vous allez me dire qu'il ne reste plus grand monde ? Mais c'est parce que vous voyez le monde à travers votre prisme étroit.

Si vous aviez une once d'intelligence, vous sauriez aussi qu'une fille peut se promener seule et qu'elle a droit, à la fois, à la sécurité et au sentiment de sécurité. Je sais, cela vous fait beaucoup d'informations à assimiler d'un seul coup. Mais si vous arrêtez de confondre votre b... et votre cerveau, vous devriez pouvoir y arriver.

 

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05.07.2009

Au top

La semaine dernière, j'ai siégé dans une commission.

La présidente avait subi un examen ophtalmo juste avant (un fond de l'oeil, pour les spécialistes qui lisent ce blog). Elle voyait tout trouble. Pas facile pour lire et remplir les dossiers. Pendant un bon moment, on s'est demandé pourquoi elle avait le nez littéralement collé sur ses papiers.

Un autre membre est arrivé en retard : il revenait de chez le dentiste et n'arrivait pas à parler. Et il a confondu C.D.D. et D.V.D.

A part ça, on est à fond.


La semaine d'avant, j'ai siégé dans une autre commission. Nous avions commencé à travailler depuis une gentille demi-heure quand le président s'est exclamé : « Mais qui préside cette commission, déjà ???? »

A part ça, on est tous des pros.

02.07.2009

Arrêtez de me biser

J'ai déjà parlé dans un billet précédent de ma répulsion pour les bises et serrages de mains en tout genre. Apparemment, cette répulsion n'est pas suffisamment visible.

Le matin, j'arrive au travail, douchée et maquillée : le minimum pour mener une vie sociale normale. La sensation de fraîcheur que j'éprouve dure moins longtemps que l'effet Narta. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à venir me lécher la figure comme ça ? En plus, la bise est souvent équipée en options :

  • C'est la bise mouillée (et collante en ce moment avec la chaleur). Dégoût pour le bruit et pour la sensation. Putain, gardez votre salive, vous pouvez en avoir besoin pour coller un timbre.
  • C'est la bise qui s'accompagne d'une sorte d'accolade, toujours maladroite parce que j'essaye de me défiler. Moi, les mains que je ne sais pas où elles ont traîné avant, j'en veux pas.
  • C'est la bise revendicatrice : « Mais, Madame Kévin, pourquoi tu embrasses dans l'air alors que moi je te fais des vrais bisous ? Allez ! Fais-moi une vraie bise ! UNE au moins ! »
  • C'est la bise surprise. Genre LA personne dont tu as réussi à éviter les embrassades depuis des années et qui, à la faveur d'un évènement anodin, en profite pour se jeter sur tes joues. « Ah, c'est l'été ! Pour la peine, je te fais la bise, tiens ! »

S'il n'y avait que la bise... On ne peut pas dire que dans mon contexte professionnel je sois très chaleureuse. Pas vraiment. Paradoxalement, je dois avoir une froideur qui attire les tripotages. Les gens aiment m'attraper le bras, s'installer bien près de moi,  et même me caresser les cheveux ou toucher mes vêtements. Des trucs qui n'arrivent à personne. Vous vous voyez caresser les cheveux de votre collègue, vous ?

 

 

31.05.2009

La fête à mémé suite

Minuit trente, je viens de rentrer du repas de famille où on a fêté l'anniversaire de mémé qui est morte.

J'ai abrégé les festivités en plein milieu d'un débat crucial : une des cousines a un nouveau chéri. Noir. Au moment où la conversation s'engageait sur : « est-ce que les noirs en ont vraiment une plus grosse » (avec la question posée directement au concerné ), j'ai considéré que j'avais accompli mon devoir familial et qu'il était temps de plier les gaules. (Je crois que je me suis laissée gagner par l'ambiance de finesse et de raffinement de la soirée.)

Sinon, un des cousins (petit-fils préféré de mémé) a levé sa coupe de champagne en entonnant « joyeux anniversaire ». Puis il a demandé de qui on fêtait l'anniversaire avant de se rendre compte que, cette année, mémé aurait du mal à souffler ses bougies.

L'obsédée des poils a raconté que le matin même, elle a tondu le torse de son mari : "pas rasé, hein, tondu !" Il y a des couples qui s'ennuient parce qu'ils ne savent pas s'occuper. Une bonne tondeuse et tu divises le nombre de divorces par deux.

D'autres choses encore à raconter mais là, je n'ai pas le courage.

Le bilan est qu'ils sont toujours aussi cons. Cependant, la crise doit commencer à toucher les beaufs friqués car ils sont moins arrogants que les années précédentes.

Ils ont déjà planifié la fête de famille pour l'année prochaine...

29.05.2009

La fête à mémé

Samedi soir, je vais au restaurant. A ce moment du récit, vous vous dites : « Madame Kévin, elle baisse en niveau. Elle manque d'inspiration et elle va nous raconter comment qu'elle va manger des œufs mayonnaise dans une gargote quelconque. » Je crois que je préférerais. Samedi soir, nous allons au restau avec toute la famille de Monsieur Kévin, les oncles, tantes, cousins, enfants des cousins, etc. Ce n'est plus une famille, c'est une meute. Pour quelle occasion me direz-vous ? Pour fêter l'anniversaire de l'aïeule, celle qui est à l'origine de toute cette procréation (vive la contraception). Et vous êtes touchés : vous pensez que l'aïeule va être super émue d'avoir tout son petit monde autour d'elle.

Sauf qu'elle est morte. Et enterrée. L'année dernière. Oui, tu peux relire les phrases précédentes : y'avait pas de drogue dans ton cassoulet et moi je ne suis pas sous acide. On va faire un méga repas de famille, au restau, pour fêter l'anniv de Mémé qui est morte.

J'explique : avant de décéder définitivement, Mémé offrait un repas à tout le monde, au mois de mai, pour son anniversaire. Elle réunissait ses enfants, petit-enfants, les conjoints, les arrière-petit-enfants. Puis Mémé a cassé sa pipe, paisiblement et en alignant un beau score question âge. Moi, très naïvement, j'ai pensé que les repas allaient s'arrêter. Mais la meute en a décidé autrement : on va continuer la tradition et on l'appelle toujours « Le repas de la grand-mère ». En même temps, c'est pas elle qui va coûter le plus cher en bouffe.

Ce n'est pas tout. Dans la famille de Monsieur Kévin, les femmes sont plutôt construites sur le modèle « Desesperate Housewives », mais en pire et en pas drôles. Les conversations à table c'est : la marque de ma voiture, de mes fringues, de mes lunettes, de n'importe quoi du moment que c'est de la marque. Pas la peine d'essayer de causer littérature, cinéma, éducation, C'EST PAS DE LA MARQUE. Pour la plupart, elles ne travaillent pas et n'ont toujours pas compris quelle activité professionnelle j'exerçais. De toute façon elles s'en foutent. Les valeurs que je peux défendre dans le cadre de mon travail, elles s'en foutent aussi. Et il vaut mieux pas qu'on discute politique...c'est à gerber.

Quand elles parlent de cul, c'est encore plus atroce. Un exemple : entre le fromage et le dessert, l'une d'elle explique que lorsqu'elle fait une « gâterie » à son mari, ce qu'elle n'aime pas, ce sont les poils qu'il faut recracher. Et elle nous explique bien au cas où on n'aurait pas compris. Elle nous fait : « pff, pff. » en chassant l'air entre ses lèvres.

Si samedi soir, vous avez cinq minutes, est-ce que vous pouvez penser à moi et m'envoyer quelques bonnes ondes ? Je crois que je vais en avoir besoin.

 

06.04.2009

Vous allez adorer

On en parle chez électroménagère, et puis chez Gazelle et puis chez manu. Les grands penseurs créatifs de Cuisinella ont pondu une pub du meilleur effet pour la gente féminine. Dans le genre : "si à 30 ans, tu n'as pas une cuisinella et une pute blonde, c'est que tu as raté ta vie."

Si vous voulez protester et dire aux publicitaires que leur cuisinella ils peuvent se la mettre... tout est bien expliqué chez Electroménagère.

Je mets le lien pour que vous puissiez voir la vidéo qui nous met de si bonne humeur un lundi matin.

http://www.youtube.com/watch?v=waphArCrXxA