18.09.2009
La littérature peut-elle être fendue ?
Noisette m'a taguée sur un sujet qui m'intéresse beaucoup mais qui, en même temps, me pose question. A la suite des billets parus sur les 100 livres préférés des français, des blogueurs se sont émus de la sous-représentation des auteurs féminins dans cette liste. Ce qui est vrai.
Pour faire bonne mesure, le tag actuel consiste à proposer cinq noms de femmes qui ont produit des livres. Je pourrais, par exemple, suggérer : Barbara Cartland, Christine Bravo, Claire Chazal, Amélie Nothomb, Linda de Suza. Vous voyez le problème ? Évidemment on peut faire très exactement la même chose avec des auteurs mâles qui commettent des bouses.
Ma réserve provient du fait que je ne peux pas concevoir qu'il existe une littérature féminine. Est-ce que les catégories « hommes » ou « femmes » sont des éléments déterminants pour comprendre les rapports sociaux et les productions artistiques ? Pour moi, ce sont des facteurs importants, qu'on ne peut pas négliger, mais ils ne sont pas prépondérants. En tout cas, ils ne peuvent pas être prioritaires : par exemple, on ne peut pas expliquer un texte littéraire en privilégiant le fait qu'il ait été écrit par un homme ou une femme. C'est un élément de compréhension parmi d'autres. Voilà pourquoi je ne suis pas 100% d'accord.
En même temps, comme je suis une fille et que je porte des robes, je suis douce et gentille. (J'insère un avertissement sur le second degré ? Ou bien, entre nous, on peut s'en passer ?) Je vais donc répondre au tag et citer cinq auteurs nés de sexe féminin :
- Margaret Mead : « Mœurs et sexualité en Océanie ». Pas la peine de vous émoustiller avec le titre ! Dans cet ouvrage d'anthropologie, Margaret Mead ne parle pas des pratiques sexuelles mais de l'identité sexuelle. Elle compare trois ethnies et montre comment sont éduqués les petits garçons et les petites filles dans chacune de ces sociétés. Elle explique notamment que les notions de masculin et de féminin sont relatives. C'est passionnant.
- Lorrie Moore : j'en ai déjà parlé dans un post précédent. Ses écrits, fantasques, déconcertants, ironiques me font me sentir très proche d'elle.
- Dorothy Parker : ses nouvelles sont des bijoux d'humour et de mélancolie. J'aimerais savoir écrire comme elle.
- Siri Hustvedt : comment peut-on avoir à la fois une écriture aussi complexe et aussi limpide ? Quelle intelligence !
- Sue Grafton : un bon auteur de polars dont l'héroïne est... une femme.


Je vous recommande chaudement son dernier livre que je n'ai pas encore lu...

« Il me reste toujours une barrière à franchir et, de l’autre côté, un secret »
Comme Lizly me le rappelle dans les commentaires, j'ai oublié de taguer. Lizly, fallait pas m'y faire penser, je te tague... Et je tague également Fafa qui va revenir de sa virée littéraire et aura toutes les idées nécessaires... (Fafa, n'oublie pas de donner mon numéro de portable à Samuel Benchetrit.)
20:48 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (60) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : comme je suis une fille et que je porte des jupes, je suis douce et gentille. |
30.08.2009
Vas-y Joe.
Joe Pike. Vous savez qui c'est ? Allez je vous aide. C'est l'ami d'Elvis Cole.
Dans "Indigo blues" de Robert Crais, Joe Pike, c'est aussi celui qui garde les trois enfants Haines : Teri, Charles et Winona. Trois petits malheureux dont la maman est morte et dont le papa a des ennuis. De gros ennuis puisqu'il doit se sortir des griffes du FBI, des russes et des vietnamiens. Rien que ça.
Pendant qu'Elvis Cole, détective privé, mène l'enquête pour retrouver et aider le papa, Joe Pike fait le baby-sitter. C'est un profil atypique mais comme dirait Adecco, "Les gens sont pleins de ressources humaines".
En effet, Joe – dont la vocation initiale consiste à descendre n'importe qui sans état d'âme – possède des compétences transférables au monde enchanté de l'enfance :
"Pike est tout en muscles, une belle bête d'un mètre quatre-vingt-cinq, aux cheveux noirs coupés ras. Son visage demeure indéchiffrable pour qui ne le connaît pas de longue date. On voit de grosses veines saillir de ses bras, et il s'est fait tatouer des flèches rouge vif sur les deltoïdes il y a bien longtemps. Pointées vers l'avant, les flèches. Il portait ce jour-là un sweat-shirt gris dont il avait lui-même coupé les manches, un jean bleu et ses éternelles lunettes de pilote aux verres d'un noir insondable." (p. 86)
Sans compter qu'il peut se faufiler partout sans être vu, ni entendu. Très bon pour choper les gamins en flagrant délit de bêtise.
Trêve de plaisanterie : Joe Pike est un vrai personnage, efficace, impressionnant, avare de parole, intrigant, fidèle en amitié. Son duo avec Elvis Cole fonctionne à merveille. On retrouve les deux complices dans plusieurs romans de Robert Crais, des polars américains assez classiques mais bien faits.
Robert Crais :


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| Tags : robert crais, elvis cole, joe pike, indigo blues |
22.08.2009
100 livres, ça fait combien de kilos ?
J'ai trouvé sur les blogs de Koyangi et de July, une liste de 100 livres (soi-disant les préférés des français mais un jour je vous dirai ce que je pense des sondages). Quoi qu'il en soit, la liste m'a intéressée. J'ai marqué en rouge les livres que j'ai lus.
- La Bible
- Les misérables de Victor Hugo
- Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry
- Germinal d'Emile Zola
- Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
- Le rouge et le noir de Stendhal
- Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier
- Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne
- Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody
- Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas
- La gloire de mon père de Marcel Pagnol
- Le journal d'Anne Frank d'Anne Frank
- La bicyclette bleue de Régine Deforges
- La nuit des temps de René Barjavel
- Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough
- Dix petits nègres d'Agatha Christie
- Sans famille d'Hector Malot
- Les albums de Tintin de Hergé
- Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
- L'assommoir d'Emile Zola
- Jane Eyre de Charlotte Brontë
- Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc. De très beaux livres, haletants, que je vous recommande.
- Au nom de tous les miens de Martin Gray J'ai vu le film qui m'avait bouleversée, je ne sais plus si j'ai lu le livre.
- Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas
- La cité de la joie de Dominique Lapierre
- Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley
- La peste d'Albert Camus
- Dune de Frank Herbert
- L'herbe bleue Anonyme
- L'étranger d'Albert Camus
- L'écume des jours de Boris Vian
- Paroles de Jacques Prévert
- L'alchimiste de Paulo Coelho
- Les fables de Jean de La Fontaine
- Le parfum de Patrick Süskind
- Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. Tiens, un souvenir de l'oral du bac de français.
- Vipère au poing d'Hervé Bazin
- Belle du seigneur d'Albert Cohen Je sais que c'est scandaleux mais je n'ai jamais réussi à le finir.
- Le lion de Joseph Kessel
- Huis clos de Jean-Paul Sartre
- Candide de Voltaire
- Antigone de Jean Anouilh
- Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet
- Premier de cordée de Roger Frison-Roche
- Si c'est un homme de Primo Levi
- Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur
- Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
- Les fourmis de Bernard Werber
- La condition humaine d'André Malraux
- Les Rougon-Macquart d'Emile Zola Pas tous, mais beaucoup dont certains figurent d'ailleurs dans cette liste.
- Les rois maudits de Maurice Druon
- Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
- Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë
- Madame Bovary de Gustave Flaubert
- Les raisins de la colère de John Steinbeck
- Le château de ma mère de Marcel Pagnol
- Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
- La mère de Pearl Buck
- Le pull-over rouge de Gilles Perrault
- Mémoires de guerre de Charles de Gaulle
- Des grives aux loups de Claude Michelet
- Le fléau de Stephen King
- Nana d'Emile Zola
- Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur
- Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
- Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez
- Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt
- Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Pff. Jamais fini. Un boulet.
- L'île mystérieuse de Jules Verne
- La chartreuse de Parme de Stendhal
- 1984 de George Orwell
- Croc-Blanc de Jack London.
- Regain de Jean Giono
- Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
- Et si c'était vrai de Marc Levy
- Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Je n'arrive pas à lire Céline, pour différentes raisons.
- Racines d'Alex Haley
- Le père Goriot d'Honoré de Balzac
- Au bonheur des dames d'Emile Zola
- La terre d'Emile Zola
- La nausée de Jean-Paul Sartre
- Fondation d'Isaac Asimov
- Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway
- Louisiane de Maurice Denuzière
- Bonjour tristesse de Françoise Sagan
- Le club des cinq d'Enid Blyton
- Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck
- Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir
- Les cavaliers de Joseph Kessel
- Jalna de Mazo de la Roche
- J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian
- Bel-Ami de Guy de Maupassant
- Un sac de billes de Joseph Joffo
- Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne
- Le désert des Tartares de Dino Buzzati
- Les enfants de la terre de Jean M. Auel
- La 25e heure de Virgil Gheorghiu
- La case de l'oncle Tom de H. Beecher-Stowe
- Les Thibault de Roger Martin du Gard
- Le silence de la mer de Vercors
Mon top 5 du top 100 :
- Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
- La condition humaine d'André Malraux
- Les Thibault de Roger Martin du Gard
- Germinal d'Emile Zola
- Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
Et vous, quels sont vos préférés dans la liste ?
Edit : la liste circule sur d'autres blogs et j'en suis ravie. Vous pouvez la retrouver chez Kahlan, Océane, Ckankonvaou, Fafa, Faustine

11:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (101) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : j'ai honte de mon titre mais il me fait rire quand même. comme q, parfois, je sais apprécier les choses simples |
31.07.2009
Le diable au corps
En lisant les blogs de certaines d'entre vous, je vous trouve coquines en ce moment : ça parle de faire l'amour avec un belge, de pénis peints sur les murs, de maillots de bains plus c'est petit, plus c'est joli. Heureusement, il y en a encore quelques unes qui sont sages. Même si pour certaines, on pourrait en discuter.
Personnellement, je trouve que, jusqu'à maintenant, je me suis bien tenue. Enfin jusqu'à aujourd'hui. Et si je succombe à l'ambiance délétère actuelle, c'est à cause d'un romancier : David Schickler. Son livre, « Comédie New-Yorkaise » est un bonheur, un ensemble de portraits enchevêtrés, enracinés dans la ville. (Je préfère le titre original : « Kissing in Manhattan ».) Ce n'est pas de la grande littérature mais on y trouve de la finesse, de l'humour, des personnages formidables. Que demander de plus ? Du cul ? Le roman comprend quelques scènes originales. Je pense notamment à un passage que je trouve très érotique et dont je ne dévoilerai rien.
Et puis il y a cette scène, où le sexe devient grotesque, et que je peux vous faire partager sans nuire à votre éventuelle lecture. Hannah a entraîné Léonard chez elle et l'a soigneusement excité. Par un stratagème, elle a réussi à le faire se déshabiller puis à le faire sortir de son appartement. Elle est restée à l'intérieur et vient de verrouiller la porte :
« - Hannah ? Je suis tout nu sur le palier.
Pas de réponse.
Il entendit qu'on traînait quelque chose. Il actionna la poignée mais la porte était fermée à clé. Un mince rai de lumière filtrait sous la porte et, en y collant un œil, il crut apercevoir les pieds d'Hannah.
- J'ai tiré ma panthère noire [empaillée] jusqu'à la porte, expliqua-t-elle. Elle vous fait face. J'ai enlevé toutes mes fringues et je suis à cheval sur la panthère.(…)
- Dites c'est une blague ?
- Imaginez ce que je dois être bandante, Lenny, à califourchon sur cette panthère empaillée, mes seins nus n'attendant que la main d'un homme. (...)
Malgré sa nudité, Léonard s'efforça de prendre une voix suave.
- Dites, Hannah, c'est les préliminaires, c'est ça ?
- Pas du tout. C'est une conversation sincère.
Il martela la porte du poing.
- Ouvrez cette putain de porte !
- Lenny ? Voyons, Lenny, fit-elle d'un ton égal, raisonnable. Si vous ne voulez pas traverser Central Park à poil pour rentrer chez vous, reprenez vos esprits et écoutez-moi. » (p. 190-191)

14:59 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (67) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : david schickler, comédie new-yorkaise, kissing in manhattan |
27.03.2009
Épouse-moi Robert...
… et je suis d'accord pour coucher avant le mariage, également.

Robert McLiam Wilson, l'auteur irlandais d'Eureka Street, le roman qui commence par « Toutes les histoires sont des histoires d'amour » et qui se termine par des mots si doux pour Belfast. « Ce matin, Belfast ressemble à n'importe quelle ville. C'est une chose tendre et fragile, un agrégat de maisons, de rues et de parkings. Où sont les gens ? Ils se réveillent ou ne réussissent pas à se réveiller. La tendresse est un mot bien pâle pour désigner ce que je ressens envers cette ville. »
Cinq raisons pour lesquelles je peux épouser Robert McLiam Wilson :
1) Je n'ai pas eu peur quand je me suis promenée dans les villes d'Irlande du Nord.
2) J'ai lu tout James Joyce (de toute façon, c'est invérifiable).
3) Je sais faire le french kiss.
4) Je ne suis pas gênée par la barrière de la langue.
5) Moi non plus je n'aime pas Margaret Thatcher.
Si toi aussi, tu veux demander un(e) écrivain(e) en mariage, tu peux laisser ta déclaration sur ce blog qui transmettra.
11:38 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
| Tags : robert mcliam wilson |
25.03.2009
Le livre que t'en viens pas à bout
![fatigue[1].jpg](http://madamekevin.hautetfort.com/media/01/01/1138499024.jpg)
Chacun de nous a son boulet littéraire, LE livre qu'on traîne depuis des années, dont on sait qu'il est très intéressant, que même Bernard-Henry Lévy l'a lu. Un genre de tunnel (le livre, pas BHL) que tu suis pendant des mois, sans jamais en voir le bout.
Alors pour moi, The boulet-book of my life is... L'homme sans qualités de Musil. Oui, je sais, ça fait tout drôle.
A ce point du récit, plusieurs possibilités :
1) Tu n'as jamais entendu parler de L'homme sans qualités et tu t'en fous. Finalement, c'est bien toi le plus heureux, tiens.
2) Tu as lu L'homme sans qualités et tu adores. Alors là, tu fais des pff, pff (ou des tss, tss, ça dépend du nombre de dents qu'il te reste) de mépris en lisant ce post. D'autant que tu sais que c'est le livre préféré d'Agnès Jaoui, ce qui en dit long sur les vertus comiques dudit bouquin.
3) Tu l'as lu mais c'est parce qu'on t'a obligé.
Moi j'étais un peu obligée, à cause de mon travail de l'époque, et puis je ne voulais pas me faire distancer par Agnès Jaoui.
J'ai dû essayer au moins 10 fois sans jamais dépasser la moitié, ou peut-être le quart. Si tu connais la fin, surtout ne me la raconte pas, on ne sait jamais...
Et toi, c'est quoi ton livre-boulet ?
09:50 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
| Tags : ennui |
06.03.2009
Madame Kévin aime la culture (physique)
John Irving. Un romancier qui écrit des chefs-d'oeuvre, c'est bien. Un romancier doté d'un corps magnifique et qui écrit des chefs-d'oeuvre, c'est encore mieux. Si tous les écrivains faisaient de la muscu et posaient à poil, ça lirait plus dans les collèges.

Par exemple, Balzac, s'il faisait du sport, il serait beaucoup plus beau et il vendrait plus de livres.

11:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : romancier, john irving, sport |























