26.11.2009

Déménagement à la Pétaudière Corporation

Collègue n°1 : On déménage les bureaux dans une semaine mais on n'a pas le budget pour payer les déménageurs.

Collègue n° 2 : Il faut qu'on fasse tout nous-mêmes ?

Collègue n°1 : Ben oui.

Collègue n° 2 : Je peux pas, j'ai mal au dos.

Collègue n° 3 : Pour le déménagement, hors de question ! Je suis CSP+, je ne remplis pas des cartons.

Collègue n°1 : On est tous CSP+. Comment tu fais chez toi ?

Collègue n° 3 : C'est ma femme qui le fait.

Collègue n°1 : Emmène ta femme.

Collègue n° 3 : D'accord. Si elle n'a pas accouché d'ici là.

Collègue n° 2 : Je suis allergique à la poussière.

Collègue n° 3 : On ne peut pas trouver un peu d'argent quand même... une fin de ligne budgétaire.

Collègue n°1 : Y'a plus rien à racler.

Collègue n° 3 : Pas pour tout le monde. Il y a de l'argent pour les ordinateurs portables distribués comme des petits pains.

Collègue n°1 : C'est pas la même ligne budgétaire.

Collègue n° 2 : Et les cartons, on les trouve où ?

Collègue n° 3 : On peut les piquer aux SDF qui dorment dehors. Au point où on en est... On les échange contre un portable.

Collègue n°1 : Qui a des cartons chez soi ?

Collègue n° 2 : Il doit m'en rester quelques uns quand j'ai déménagé après que mon mari m'ait quitté pour une jeune. Et je me suis retrouvée totalement seule, en pleine déprime...

Collègue n°1 : … ça fait combien de cartons, ça ?

Collègue n° 2 : Pas beaucoup, car mon mari ne m'a pratiquement rien laissé.

Collègue n° 3 : Le salaud. Il aurait au moins pu te refiler les cartons.

 

 

23.11.2009

Solitaire

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Le silence qui l'avait accompagné dans son voyage de retour de métropole était accablant. Encore plus pesant que celui qu'il vivait depuis un moment avec Chloé. Lucas est sorti de son bureau par la porte-fenêtre cachée par un rang de palmiers. Il a traversé l'immense jardin luxuriant, un coin de paradis devenu froid. Il a longé la maison et a vu sa femme, Chloé, à demi-couchée dans un fauteuil en osier au bord de la piscine. Les jambes écartées, elle était ouverte et offerte. Elle donnait tout, sans condition, ni réticence. Possédée, elle respirait rapidement, elle ne gémissait pas, elle ne frémissait pas. Elle était immobile dans un plaisir dont l'évidente intensité a giflé Lucas. Avec lui, elle donnait facilement dans les aigus, les soupirs, les cris parfois. Salope de simulatrice. Il se demandait pourquoi il n'avait jamais eu droit à ce plaisir silencieux et authentique. Pourquoi croyait-elle qu'elle devait le payer de cris ? Chloé a relevé son paréo encore un peu plus. Il a entendu le froissement du tissu, son frottement sur les cuisses de sa femme. Rien d'autre ne venait troubler la scène. A part Lucas. Il s'est approché d'elle, il lui a enlevé son paréo, elle ne disait toujours rien. Il est parti.

 

Texte co-écrit avec M1.

15.11.2009

Toy boy #2

Comme pour d'autres billets, je n'avais pas prévu de donner une suite à Toy boy. Mais les commentaires m'ont incitée à continuer. J'ai même emprunté des idées ou locutions entières à Chouyo, Mamzellescarlett, M1 et Nekkonezumi.

Et merci à vous tous. J'ai toujours un immense plaisir à lire vos réactions et vos suggestions. Les dimanches de novembre prennent alors une coloration différente.

 

Lui : Certaines zones s'embrasent vite...

Elle : …il faut y aller avec beaucoup de finesse...

Lui : …ne pas hésiter à faire plusieurs visites...

Elle : ...aller partout et savoir se retirer quand il le faut.

Lui : Il faut savoir raison garder quand les événements sont hors de tout contrôle.

Elle : Et puis établir des connexions entre des personnes qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

Lui : Être à l'écoute tout en ayant de la poigne.

Elle : Être capable de se dévouer corps et âme.

Lui : La barrière de la langue peut poser problème.

Elle : C'est dur. Vous arrivez quand même à vous détendre ? Vous avez des loisirs ?

Lui : Je fais de l'escalade.

Elle : Vous escaladez des vieilles roches ?

Lui : Plutôt en groupe car le terrain est instable.

Elle : A qui le dites-vous.

Lui : Vous vous y connaissez en escalade ?

Elle : J'ai dû abandonner, à cause d'une rupture malencontreuse.

Lui : Oui, ça, les ruptures de ligaments, personne n'est à l'abri. Quel que soit l'âge.

Elle : Vous avez eu ce problème ?

Lui : Oui.

Elle : Et tout va bien maintenant ? Montrez moi ça, rien ne vaut l'expérience pour soigner les ruptures.

 

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13.11.2009

Toy boy

Elle : Qu'est-ce que vous faites comme études ?

Lui : Master Relations internationales.

Elle : C'est ce que je préfère dans l'international, le côté relationnel. Et qu'est-ce qui vous a poussé dans cette direction ? Le désir d'un plus grand rapprochement des peuples ?

Lui : C'est plus compliqué que ça. On a affaire à des configurations complexes.

Elle : Complexes comment ?

Lui : Les formes de domination sont mouvantes...

Elle : ...ce n'est pas toujours le même qui prend le dessus...

Lui : ...les rapports de force peuvent s'inverser très rapidement...

Elle : ...on assiste à des retournements de situation...

Lui : ...soudains parfois...

Elle : ...imprévisibles souvent...

Lui : On se retrouve au milieu d'un vrai champ de bataille...

Elle : ...les idées en vrac et les cheveux ébouriffés.

Lui : Pardon ?

Elle : C'est une image.

 

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10.11.2009

Faut serrer

Je lui avais dit : "Il faut serrer".

Il a noté sur sa feuille : "serrer".

Après on ne s'est pas vu pendant plusieurs semaines. Puis on s'est recroisé, un peu par hasard. Il m'a saluée chaleureusement. Il m'a dit : "Ah, vous aviez raison de me dire de serrer. Je ne pensais pas que c'était comme ça. Mais j'ai serré."

Je lui ai répondu : "Vous avez bien fait parce que, là-bas, ce n'est pas comme ici. Faut serrer. Peut-être qu'après vous pourrez relâcher un peu. Mais pas pour le moment."

Mais il préférait rester dans la même ligne de conduite : "Je crois pas que je vais relâcher, je vais continuer à serrer."

Je l'ai rassuré : "Vous faites comme vous le sentez. Si vous avez envie de serrer, faut serrer."

Il a dit : "Mais parfois c'est dur."

J'ai soupiré : "Oui c'est vrai. Mais c'est une bonne expérience pour apprendre à serrer."

08.11.2009

De la tenue

Entre deux collègues

Lui : C'est vrai que je t'avais dit qu'on allait avoir une négociation assez dure mais tu y es allée un peu fort sur la tenue.

Elle : Je reste décente.

Lui : Quand tu t'assois, tu as la robe qui remonte jusqu'à la moitié des cuisses.

Elle : ça veut dire que l'autre moitié est cachée.

Lui : Tu vas te faire détester par les autres femmes présentes.

Elle : Tu sais bien que, dans ce genre de réunion, y'a presque jamais de femmes.

Lui : Il y aura Madame Bêta.

Elle : Ta copine ! Celle qui te fait des œillades et qui te roucoule des "à bientôt" quand on part.

Lui : J'adore lui faire croire qu'elle est séduisante. Tu as remarqué que, depuis quelques temps, elle faisait des efforts vestimentaires ?

Elle : Je trouve aussi qu'elle s'arrange.

Lui : En même temps, elle partait de tellement bas, elle ne peut que s'améliorer.

Elle : C'est quoi l'équivalent masculin de "garce" ?

 

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M1 m'a aidée à trouver l'illustration de ce post. En remerciement, il aura une fessée.

 

30.10.2009

(Hot)mail

Décrypter les mails professionnels : la suite ! Toujours dans le second degré et le double langage. Mais, cette fois, du point de vue masculin. C'est M1 qui tient les commandes. Je pense qu'on va pouvoir précisément pointer les différences femme / homme...

De M1 à Mademoiselle Lambda Lambda

Chère Lambda,

Ton projet est très riche et j'ai besoin d'un peu de temps pour en prendre connaissance. (J'ai une idée sur les bouses que tu peux pondre, donc je ne vais même pas me faire chier à ouvrir la pièce jointe.)

Je pourrai ainsi être à même de proposer des idées pour l'alimenter. (Tu peux compter sur moi pour te le couler profond, ton projet.)

Je te recontacte dès que possible. (Alors là, tu te grattes avec du papier de verre.)

Bonne journée. (Et va voir ailleurs si j'y suis.)

 

De M1 à Mademoiselle Alpha

Bonjour,

Merci pour toutes ces informations : elles sont riches de nombreux enseignements. (Même pas ouvert la pièce jointe, quand est-ce qu'on baise?)

Je me dis que ces questions méritent vraiment toute notre attention. (J'adore mater ton cul.)

Votre projet semble être passionnant. (Je dirais même bandant.)

Je reste disponible pour échanger sur ce sujet avec vous. (Surtout si tu viens échanger avec ta jupe fendue et tes sandales noires.)

Bonne journée. (Elle sera meilleure si on baise sur ton bureau.)

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29.10.2009

Décrypter les mails professionnels

De Madame Kévin à Monsieur Lambda Lambda

Cher Lambda,

Ton projet est très riche et j'ai besoin d'un peu de temps pour en prendre connaissance. (Ton torchon est illisible et est déjà au fond de la corbeille.)

Je pourrai ainsi être à même de proposer des idées pour l'alimenter. (Je n'ai aucune idée et je m'en moque.)

Je te recontacte dès que possible. (Avec ta mémoire de poisson rouge, j'espère que tu auras oublié d'ici là.)

Bonne journée. (Les bonnes journées sont celles où je n'ai pas de mail de toi.)

 

De Madame Kévin à Monsieur Alpha

Bonjour,

Merci pour toutes ces informations : elles sont riches de nombreux enseignements. (Je les ai lues en diagonale. Ce n'est pas ça qui m'intéresse.)

Je me dis que ces questions méritent vraiment toute notre attention. (NOTRE attention = toi + moi. Attentionnés. Très. )

Votre projet semble être passionnant. (Et le porteur de projet pue le sexe.)

Je reste disponible pour échanger sur ce sujet avec vous. (Ta date sera la mienne.)

Bonne journée. (Saute-moi dessus.)

 

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Tyler Shields

25.10.2009

Peau de vache

Lui : On va prendre un verre chez Angélita ?

Elle : Si tu veux.

Lui : Cache ta joie.

Elle : Pour une fois que je dis oui sans pinailler, tu devrais t'estimer heureux.

Lui : Il faut qu'on parle.

Elle : En général, ce sont les femmes qui disent cela.

Lui : Mais je sais que toi, tu ne le diras pas.

Elle : C'est vrai. Bon ? Tu lances les hostilités ?

Lui : Tu ne m'aides pas.

Elle :

Lui : J'aimerais te présenter à mes parents.

Elle : Quel intérêt ?

Lui : Je pense qu'ils seraient heureux de te connaître.

Elle : Ils vont vite déchanter. Et tu t'es demandé si, moi, je serais heureuse de les connaître ?

Lui : Tout cela me semble être dans l'ordre naturel des choses.

Elle : Tu as un autre argument plus pertinent ? Parce que l'ordre naturel des choses... ça me laisse songeuse.

Lui : Écoute, ça fait plusieurs mois qu'on... qu'on se voit. A un moment, c'est bien d'officialiser vis-à-vis de nos familles respectives.

Elle : Nos familles ? Tu laisses ma famille tranquille. Jusqu'à maintenant, elle a très bien vécu sans toi.

Lui : Mais mes parents...

Elle : Et il y aurait quoi au menu chez tes parents ? Du gigot et du vacherin ? Je connais déjà le scénario. Au début tes parents vont être un peu timides. Puis ils vont poser des questions qu'ils croient subtiles. A la fin du repas, ta mère me montrera les vêtements que tu portais quand tu étais bébé et qu'elle a gardés pour le jour où elle serait grand-mère. Tout ça avec des larmes dans les yeux parce que, sans émotion, la fête est moins folle.

Lui : Tu es dure. C'est sûr que, vu comme ça, ça donne pas envie.

Elle : Voilà, ça donne pas envie. Dès notre premier rendez-vous, je savais que ça finirait comme ça.

Lui : Mais ça ne finit pas, ça commence !

Elle : Je n'ai pas de chance avec les hommes : je m'envoie en l'air un soir et je me retrouve quelques mois plus tard avec une belle-famille aussi collante que du papier tue-mouche.

Lui : Alors on fait quoi ? On continue comme ça ?

Elle : Oui !

Lui : Jusqu'à quand ?

Elle : Jusqu'à ce que tu trouves une femme qui accepte de pleurer sur de la layette. Et qui aime le vacherin.

 

Bergdorf Goodman So gossip.jpg

Ce texte est une contribution à un jeu initié par Angélita.

Edit qui n'a rien à voir : merci à tous ceux et celles qui ont voté pour moi pour le concours chez Manu.

18.10.2009

Le grand jeu du "Oucékonbaise"

Les gars, les filles et les autres,

aujourd'hui, c'est un billet qui vous demande de vous investir. Intellectuellement. Souvenez-vous, dans le post précédent, nous avons laissé les deux collègues, un mâle et une femelle, en pleine opération séduction. Maintenant, il va falloir qu'ils passent à l'action alors qu'ils sont sur leur lieu de travail. Mais où ?

On va organiser une sorte de démocratie participative sauf qu'on ne va pas tellement parler politique. On va plutôt s'interroger sur l'endroit où ces deux-là peuvent aller pour se sauter dessus : c'est le "Oucékonbaise ?" Toutes les idées sont recevables, à condition de ne pas sortir de l'espace de travail.

Il y a déjà eu quelques suggestions dans les commentaires sur le billet précédent :

M1 : " je parie qu'ils vont finir dans le placard à balais ou le local photocopieuses lors de la pause déj"

Julie BBG : "Moi je pense qu'il va finir par la prendre dans le local à goodies tiens. Entre une mug corporate et un bic à slogan, si je poussais un peu le vice je dirais que ça en deviendrait presque utile.
A moins que ce ne soit elle qui le prenne? Dans ce cas là, je pense plutôt à une incartade sous son desk ni vue ni connue."

Vous pouvez valider ces suggestions, proposer d'autres idées. C'est comme vous voulez.

 

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