13.09.2009

Debrief subjectif de la semaine

Brice Hortefeux va finir par nous faire regretter Charles Pasqua. C'est où qu'on vomit ? On peut aussi pleurer des larmes de consternation : on fait comme on peut, en fonction des fluides corporels dont on dispose sur le moment.

Du temps de Pasqua, Philippe Val faisait des spectacles satiriques qui le mettaient cruellement en scène. Entre temps Philippe Val est devenu patron de France Inter. Vous croyez qu'il va quand même nous faire un sketch sur Hortefeux ?

Lu sur le site Conceptalacon, découvert grâce au blog de Gaël : "Être de droite, s'appeler Mitterrand, et se faire huer à la fête de l'Huma, en voila bien un, de concept à la con !"

Il paraît qu'au PS ils auraient triché au Congrès de Reims !!! Rhôôô. Discréditer un parti tellement populaire et bien organisé... c'est gâcher de la bonne marchandise. Le PS semble avoir décidé de reprendre la grande tradition du bourrage des urnes. Bourrons, bourrons, Martine ! (La ponctuation est ici essentielle.)

J'ai acheté une robe en (grand) 36. Merci les footings au bord du lac. Je peux vous dire que c'est une nouvelle Madame Kévin qui s'offre à vous. J'espère qu'en perdant mon gros cul, je ne vais pas attraper la grosse tête.

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26.08.2009

Coucher avec une femme de gauche quand on est de droite

Hier, nous abordions le délicat problème des divergences politiques au sein du couple. Nous avons envisagé le point de vue de la fille de gauche qui s'envoie un homme de droite. Afin d'être tout à fait objectifs et complets sur ce sujet, il convient d'inverser la perspective et de prendre en considération le point de vue masculin. En écrivant ce post, j'avais vaguement l'impression de faire du racolage dans les rangs d'un congrès de l'UMP.... Mais j'ai sacrifié ma fierté sur l'autel de l'analyse politique (et du second degré, est-il besoin de le préciser...).

Les 10 bonnes raisons de coucher avec une fille de gauche quand on est un homme de droite :

  1. Quand elle veut claquer du fric pour des shoes scandaleusement chères, tu lui rappelles le montant du SMIC.
  2. Quand elle fait une scène de jalousie, tu lui dis que ce genre d'attitude est réac. Tu cites Deleuze et Guattari : ils ont forcément écrit un truc là-dessus. Foucault, ça marche aussi. Lacan, c'est pas mal non plus. Ces auteurs sont tes sauveurs : de vrais alibis culturels pour tes écarts de conduite.
  3. Tu évites de nombreuses fêtes de famille ennuyeuses : grâce à ton icône de gauche, tu n'es plus invité.
  4. Tu lui expliques que lorsque la femme est au-dessus et prend l'initiative, c'est une manière de subvertir les relations de domination entre les hommes et les femmes.
  5. Pendant qu'elle est aux manif, tu peux voir tes potes. (Vérifié de nombreuses fois.)
  6. Quand tu veux te libérer, tu dis que tu vas à une réunion de l'UMP : tu es certain qu'elle ne voudra pas t'accompagner et qu'elle te laissera tranquille. Si tu es malin, tu peux arriver à sauver une bonne quantité de soirées de cette manière.
  7. Tu peux reconvertir ses longues écharpes ethno-chic en accessoires érotiques.
  8. Si elle veut un gosse, tu lui demandes si elle a vraiment envie d'adhérer aux valeurs familiales bourgeoises et de s'installer dans un rôle aussi traditionnel.
  9. Tu lui affirmes avec assurance et mauvaise foi que le concept de « nouveau père » est de gauche et que, pour rester fidèle à tes convictions, tu ne pourras pas changer une seule couche du bébé.
  10. Tu peux la « consoler » tous les soirs de défaite électorale de la gauche...

25.08.2009

Avoir un amant de droite quand on est à gauche

« Pourrais-tu vivre avec quelqu'un qui pense de manière radicalement différente de la tienne, notamment en politique ? ». Cette question circule sur plusieurs blogs sérieux :  les réponses apportées sont formulées avec beaucoup plus d'élégance et de tenue que ce que je m'apprête à faire... Je salue donc le courage de Gaël qui m'a taguée sur cette question.

Je m'en voudrais de ne pas apporter mon témoignage car, pour moi, la question ne se pose pas seulement au conditionnel : j'ai été plus souvent « attirée » par des hommes de droite que par des hommes de gauche.

Allez-y ! Hurlez à la traîtrise ! Criez un grand coup, surtout si vous bossez dans un open space. Vous direz que c'est à cause de cette te-pu de Madame Kévin qui ne crache pas sur un électeur du Modem (oui, pour moi le Modem c'est à droite, quoi qu'en pensent certains socialistes). Ou qui ne dédaigne pas un UMP (modéré). Mais jamais l'extrême-droite, on est d'accord. JAMAIS.

Approfondissons l'analyse :

  1. Tous les hommes de droite ne ressemblent pas à Sarkozy. Il y en a même qui sont beaux.
  2. Je ne vois pas pourquoi « l'ouverture » devrait rester le monopole de Sarkozy. J'aime montrer qu'à gauche, nous avons l'esprit aussi ouvert que les cuisses de Paris Hilton.
  3. Avec un amant de droite, tu inventes des concepts : militantisme sur l'oreiller, marchandage sexuello-politique.
  4. Tu renouvelles la notion de cohabitation politique, en hommage à François Mitterrand. (François, reviens ! Ils sont devenus fous !)
  5. Pour un mec de droite, tu as un petit goût d'exotisme.
  6. Tu as toujours un sujet de conversation avec ton homme : vous évitez l'ennui, ce terrible tueur de couples.
  7. Parfois tu le fais rire, ce qui est précieux, parce qu'au Modem il n'a pas souvent l'occasion de rigoler.
  8. Chaque membre du couple fait découvrir ses lectures à l'autre : tu enrichis ta culture. Lire l'autobiographie de Balkany, spontanément, tu n'y aurais pas pensé.
  9. Tu as un motif de chantage tout trouvé : « Si tu ne m'aides pas pour le ménage, j'invite les Besancenot à diner ». Et s'il n'obtempère pas, tu passes à la vitesse supérieure : « Fais les vitres. Sinon, l'été prochain, on part en vacances avec Jean-Luc Mélenchon. »
  10. « Travailler plus pour gagner plus », lui est d'accord, pas toi. Donc tu l'envoies trimer comme un esclave. Pendant qu'il se donne à fond professionnellement, tu claques son fric en shopping. Tu lui dis que c'est pour relancer la consommation et aider le gouvernement à sortir de la crise. Si ça ne suffit pas, tu lui fais un cours sur les théories keynésiennes. Normalement, ça devrait le calmer.
  11. Quand il te présente à ses parents, tu as le plaisir de voir leur consternation. Et faire chier deux vieux de l'UMP simultanément, c'est quand même un very good trip. Si tu veux vraiment installer une bonne relation, tu dis : « Déjà que c'est épuisant de travailler 35 heures par semaine, si, en plus, il faut se lever pour la messe le dimanche... » Et là, c'est ce que j'appellerais un strike. Mais il faut avoir un peu de métier pour y parvenir.

 

Vous connaissez désormais le principe sur ce blog : ne sont tagués que les volontaires déclarés. Je tague Océane.Ckankonvaou

16.07.2009

De Secret Story à Romain Gary

J'avais prévu un post sur les obscénités trouvées dans les requêtes Google de mon blog. J'avais également envie d'écrire un billet sur Secret Story. Je voulais faire comme pour les films que je n'ai pas vus : une critique de fumiste en me servant des infos que vous donnez sur vos blogs. Si j'ai bien compris le profil psychologique des candidats  (et je crois que j'ai compris), ils sont chauds comme la braise et ils demandent qu'à servir. Du caviar pour un post.

Mais l'actualité me rattrape et m'offre d'autres bêtises, plus politiques, sur un plateau. Du coup, on oublie le cul et on cause culture. Et pas la peine de faire « oooooohhhh ! ». C'est comme ça.

J'aime beaucoup le Frédéric Mitterrand de "Lettres d'amour en Somalie". J'aime aussi le Frédéric Mitterrand qui défendait la télévision publique. Mais là... Je me dis qu'un incompétent a remplacé une nullarde. J'aime trop la culture pour accepter qu'elle soit mise aussi bas. Et pour moi, la culture, ce n'est pas se la péter parce qu'on a vu la dernière pièce avant-gardiste. Ce n'est pas aller rouler du cul dans les vernissages. Ce n'est pas s'envoyer en l'air avec un artiste.

La culture est synonyme d'ouverture d'esprit, de partage, de créativité et de pluralisme. J'ai la nostalgie d'un temps que je n'ai pas connu, celui de Malraux, celui de Vilar. Quand je lis les derniers exploits oratoires de Frédéric Mitterrand, j'ai envie de lui faire avaler "La condition humaine". Il déconne sur son fils qui pirate, sur Hadopi, sur Carla Bruni. Mais on s'en fout ! Pendant qu'il nous distrait à coup de petites phrases ("Il m'arrive parfois d'être téléchargé illégalement, pas suffisamment à mon grand regret"), on attend une politique culturelle digne de ce nom.

La colère a réveillé mes neurones et ma mémoire. Sur la relation entre culture et politique, j'ai retrouvé cette citation de Romain Gary, dans "Europa" :

"La culture c'est ce qui dans la beauté abstraite de Mallarmé, se met à lutter aujourd'hui contre les taudis, c'est ce qui chez Rembrandt, chez Vermeer, chez Cervantès, rend, pour ceux qui ne manquent de rien, la situation des masses affamées du tiers-monde incompatible avec l'œuvre de Rembrandt, de Vermeer, de Cervantès. (…) La culture, c'est ce qui tire les oeuvres d'art de leur aliénation en attaquant toutes les réalités sociales comme indignes des chefs-d'oeuvre. "

Tu as un truc à nous dire sur Romain Gary, Frédo ? Ou tu veux que je t'envoie un résumé sur Twitter ?

 

25.06.2009

Quand Nico rencontre Woody

Nicolas Sarkozy a reçu Woody Allen à l'Élysée, le week-end dernier. Il se trouve que je connais l'œuvre des deux hommes. J'ai recherché des citations de l'un et de l'autre et je me suis amusée à les juxtaposer... en y instillant une bonne dose de malice.

Les citations de Woody Allen sont en gras et proviennent de "L'Internaute."

Les citations de Nicolas Sarkozy sont extraites d'un article mis en ligne par le journal Le Point.  (Merci M1 pour m'avoir aidée à trouver cette source.)

Woody Allen : « La vie n'imite pas l'art, elle imite la mauvaise télévision. »

  • Nicolas Sarkozy : « Qui croyez-vous qu’ils ont embauché, à France 2 ? Courbet. Je ne vous parle pas de Gustave mais de Julien Courbet ! Ils vont avoir affaire à moi. Je sais que ce sera répété, mais je m’en fiche ! »
  • (A propos de la Comédie-Française ) « Ce n’est pas normal qu’on puisse s’y emmerder autant. »

Woody Allen : « L'Homme a été fait à l'image de Dieu. Mais pensez-vous vraiment que Dieu soit roux et porte des lunettes ? »

  • Nicolas Sarkozy : « Il faut que je fasse tout moi-même. Sinon, ça foire. »
  • « Je suis celui qui doute le plus de moi-même. »
  • « Je ne fais confiance à personne, ici. Ce sont tous des nuls. Je prends mes conseils à l’extérieur. »

Woody Allen : « Un bon élève, c'est celui qui reste à la bibliothèque même quand il n'y a plus de fille séduisante dans la pièce. »

  • Nicolas Sarkozy : « Avec Carla, un jour sur deux on regarde des DVD à la télé. »
  • « Je sais ce qui fait que les jeunes lisent moins : ce sont les compagnies low cost. Un voyage est plus amusant et coûte moins cher. »

Woody Allen : « L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible. »

  • Nicolas Sarkozy : « Si quelqu’un d’autre disait les discours d’Henri [NDLR « Le Point » : Guaino], ça paraîtrait insensé, mais comme c’est moi avec mon air sérieux, ça marche. »

Woody Allen : « Je suis si intelligent que mon cerveau est mon deuxième organe favori ! »

  • Nicolas Sarkozy : « Je suis entouré de bras cassés, c’est pitoyable. Je veux demain faire un gouvernement de Formule 1. » « Tu me diras, j’avais qu’à pas les nommer ! »

Woody Allen : « Les ennuis, c'est comme le papier hygiénique, on en tire un, il en vient dix. »

  • « Président, c’est une source d’emmerdes. Il ne faut pas être égoïste, il faut savoir prendre des coups. »

Woody Allen : « L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières. »

  • Nicolas Sarkozy : « J’en ai rien à foutre, de tout ce que ces connards peuvent penser. T’as vu ma montre ? » (à Jean-Louis Borloo)
  • « Je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric, comme Clinton. 150 000 euros la conférence ! »
  • « Depuis mon mariage avec Carla, je suis enfin devenu riche. »

Woody Allen : « Dans votre ascension professionnelle, soyez toujours très gentil envers ceux que vous dépassez en montant. Vous les retrouverez au même endroit en redescendant. »

  • Nicolas Sarkozy : « Je vois des connards toute la journée. T’imagines pas les connards que je vois ! »
  • « Quand tu veux tuer un mec, tu ne le lui dis pas six mois avant. Tu fais copain, comme ça le mec se détend. Ça attendrit la viande. »

Woody Allen : « Je n'aime pas faire de l'exercice. Je préfère m'atrophier. »

  • Nicolas Sarkozy : « Je suis un mec physique, moi. Je cours. Et deux fois par semaine, un prof vient me faire travailler. En une heure, je perds entre 800 et 1000 calories, j’ai besoin de ça, si je ne le fais pas, je ne suis pas bien. Ce que je fais, je le fais physiquement. »

27.05.2009

Frédo et la gastro

Frédéric Lefebvre propose que les salariés continuent à travailler chez eux quand ils sont malades, et ceci grâce au télétravail à domicile. Pour traiter le sujet, j'ai longuement hésité entre deux styles : intello-argumentatif ou déconnant. Je vous fais les deux versions. Saurez-vous retrouver laquelle est laquelle ?

Première version :

Cher Monsieur Lefebvre,

Bien que faisant partie des salariés zélés qui vont travailler avec une angine, je m'interroge sur la teneur et les conséquences de vos propos. Ainsi, vous déclarez que l'on peut être efficace intellectuellement avec une jambe cassée. J'abonde dans votre sens et je dirais même : sans jambe du tout. Mais une question me taraude et je prendrai, pour l'exposer, un cas d'école. Imaginons un salarié télétravailleur, à la jambe fracturée, qui glisse avec ses béquilles entre le bureau et les toilettes : s'agit-il d'un accident domestique ou d'un accident du travail ? Quels sont les critères d'appréciation et quelles sont les modalités d'indemnisation ? Autre problématique chère au cœur de vos amis politiques : le temps de travail. Comment fait-on pour respecter la législation et les limites qu'elle impose ? Qui va fixer (et contrôler) les horaires de début et de fin de journée ? Si le salarié travaille chez lui, il peut être en activité la nuit ou le week-end. Est-ce que l'entreprise va bonifier le salaire pour ces horaires atypiques ?

Par ailleurs, vous semblez considérer que tout le monde exerce une fonction intellectuelle. N'avez-vous pas tendance à prendre votre illustre cas pour une généralité ? Même si les activités professionnelles sont de plus en plus abstraites (on appelle cela la dématérialisation du travail, vous n'êtes pas sans l'ignorer), il serait désobligeant d'oublier les salariés qui ont un travail doté d'une forte dimension matérielle. Comment va faire l'éboueur pour ramasser les poubelles à partir de chez lui ? Et l'ouvrier, va-t-il amener sa machine à la maison? Au fait, Monsieur Lefebvre, quel est le nombre d'ouvriers en France ?

Deuxième version :

Vous dites qu'on peut être efficace intellectuellement avec une jambe cassée. On est d'accord, y'a pas de rapport entre le cerveau et le tibia. D'aucune manière. Et inversement. Y'en a qui n'ont pas de jambre cassée et qui sont totalement inefficaces sur le plan intellectuel. Et je ne fais pas seulement allusion à Cindy Sanders.

Peut-on travailler et être malade ? On devrait le donner comme sujet au prochain bac de philo. Perso je répondrais en prenant l'exemple d'une épidémie de gastro, comme il en survient tous les ans. D'accord : on reste chez nous et on travaille. Entre deux grandes giclées de merde. Ou alors on s'installe sur les toilettes avec l'ordinateur sur les genoux. Avec le risque de confondre la souris et le papier toilette. En disant cela, je cherche simplement à animer le débat parce que je trouve qu'il est un peu morne. L'imbrication de la vie professionnelle et de la vie privée, ça a des limites. Quand on va bosser, on nous demande de laisser nos problèmes personnels à la porte de l'entreprise. Alors moi, quand je suis chez moi, j'aimerais bien que le travail reste à ma porte.

20.04.2009

Ne nous moquons pas de l'Europe

J'ai plein de travail en retard. Je voulais faire un billet coup de gueule sur les résultats des évaluations en CM2 (je vous promets que c'est vrai) et un billet sur un film que j'ai vu il y a déjà deux semaines (Frost / Nixon).

Et puis voilà que je suis taggée par Daydreamer et du coup, ça me démange de répondre. Les CM2 et Nixon attendront.

Le tag porte sur l'Europe.

Si l'Europe était un animal : un caméléon (posé sur un tissu écossais).

Si l'Europe était une fleur : un pissenlit que, dans certaines campagnes, on appelle « un  cocu ». En hommage à ceux qui ont voté « non » au référendum.

Si l'Europe était une toile : un tableau de Turner qu'on pourrait rebaptiser « On est tous dans le brouillard ».

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Si l'Europe était une ville : une ville grecque. Ne cherchez pas, il n'y a pas de blague. C'est juste parce que je suis amoureuse de la culture grecque. D'ailleurs à partir de maintenant, je vais rédiger les billets de ce blog en alphabet grec.

Si l'Europe était un personnage : les candidats de la Nouvelle Star. Personne ne chante avec personne et tout le monde chante faux.

Si l'Europe était une chanson : « Place des grands hommes » de Bruel. « On s'était dit Rendez-vous dans dix ans. » L'Europe, c'est toujours « Rendez-vous dans dix ans ».

Je tagge Baraginie, une expat qui sait de quoi elle cause quand il s'agit d'Europe. Et je tagge Virginie qui va nous dynamiter tout ça. Et comme c'est mon jour de générosité, je tagge ceux qui passent par là et qui auraient envie de participer.

 

02.04.2009

Vide dressing chez les Obama

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Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cette photo ne me paraît pas réelle. Elle ressemble à un montage, comme si on avait rajouté le couple Obama sur une vieille image des deux anglais. Ou alors elle me fait penser aux mises en scène des romans-photos des vieux Nous Deux que, gamine, je lisais (dévorais !) chez une mamie de ma connaissance. Sauf que là, il y a moins de baisers sur la bouche.

Mais je m'égare dans mes souvenirs sentimentaux. Je dois maintenant en venir au fait, au sujet, à la problématique comme ils disent dans les disserts de philo. Et la problématique est, selon la presse bien informée, la tenue vestimentaire de Michelle, pas suffisamment classe, soit-disant, pour une visite à la reine.

Comme je suis une femme engagée, je vais défendre Michelle et ses fringues. (La prochaine fois, je parlerai de ses idées politiques, mais là, je n'ai pas le temps.)

C'est vrai qu'elle ressemble un peu à La femme du pasteur dans son petit ensemble tristounet. Mais :

1) Elle est très grande et donne l'impression que la reine est lilliputienne. Dans ce cas, autant se faire discrète, rapport au protocole.

2) Michelle, les couleurs acidulées qu'affectionne la reine, elle kiffe pas trop.

3) C'est facile de critiquer mais toi, tu aurais porté quoi pour aller voir la reine ?

 

30.03.2009

Une gauche percutante

On ne peut pas parler des sex-symbols tous les jours. Vous avez eu Robert McLiam Wilson, vous avez eu Ashton Kutcher. Aujourd'hui ça va être disette et restriction. Régime sur toute la ligne : esthétiquement, politiquement et intellectuellement. Dans cette ambiance échevelée, the man of the day is... François Hollande. C'est que François, il a le sens de la répartie et en plus, il a une vision politique. A Nicolas Sarkozy qui dit qu'il a la banane, qu'est-ce qu'il répond notre François ? Oh, mais c'est qu'il place la barre très, très haut ! Tu vas pas trouver tout(e) seule(e) si je ne t'aide pas. Alors François Hollande, il réplique : « oui mais les français ont les peaux de banane ». Nicolas Sarkozy doit en trembler dans son caleçon de chez Saint-Laurent. C'est drôle, c'est percutant et ça chamboule le jeu politique.
On dit parfois qu'un peuple a les hommes (et les femmes) politiques qu'il mérite. Là, je ne suis pas certaine que les électeurs de gauche méritent cette médiocrité et ce gâchis. Ou alors c'est qu'ils ont fait de grosses bêtises dans une vie antérieure.
Si tu es électeur de gauche et que tu as fait de grosses bêtises dans une vie antérieure, c'est le moment de les confesser. Sinon, on va se traîner des métaphores fruitières jusqu'à l'ingestion.

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26.03.2009

Colère

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Demain on recommencera à s'amuser mais aujourd'hui on tape du poing sur la table. Il y a tellement de raisons de s'énerver qu'on va finir par avoir les mains en sang. On va faire une sélection sélective dans l'actualité parce que, sinon, on va y passer la saint glin-glin et les calendes grecques.

 1) Touche pas à Jaurès

A Carmaux (Tarn), une affiche du Front national utilise la photo de Jaurès accompagnée du slogan : « Jaurès aurait voté Front national. » Oui, on parle bien du Jaurès qui était au côté des mineurs de Carmaux, le Jaurès socialiste fondateur de la S.F.I.O., le Jaurès pacifiste. On peut hausser les épaules et dire qu'il s'agit d'une provocation de plus du Front national. Mais Jaurès sali, sa mémoire bafouée, ses idées volontairement détournées, c'est une honte pour nous tous.

 2) Le chômage expliqué à mon fils

Selon les dernières prévisions de l'INSEE, il y aurait 330 000 emplois supprimés au cours du premier semestre 2009. Peut-être qu'on s'habitue à ces chiffres et à leur abstraction. Pff, 330 000... on a du mal à se représenter, hein ?

Alors on va humaniser tout ça.

Quand on parle de 330 000 emplois supprimés, ça veut dire des gens qui perdent leur boulot ou qui n'en trouvent pas. C'est pas encore assez concret ? Bon d'accord.

C'est la femme qui avait acquis son indépendance en ayant un emploi salarié et qui redevient femme au foyer, sous la dépendance financière de son conjoint.

C'est le père qui avait la fierté de faire vivre sa petite famille et qui, en perdant son emploi, se sent dévalorisé et disqualifié.

C'est le jeune qui aurait aimé quitter le domicile de ses parents pour s'installer avec sa copine mais qui ne peut pas, faute de moyens.

C'est le cadre quinquagénaire qui avait surinvesti son travail et qui s'interroge aujourd'hui sur le sens à donner à sa vie.

C'est le sentiment de perte, la peur de l'avenir, la faim de tout.

 3) On aurait vraiment besoin de Jaurès, en ce moment...

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