27.11.2009

La question que personne ne se pose

Il y a un truc qui m'a toujours intrigué dans la vie de Simone de Beauvoir. Je sais, toi aussi, tu te poses la question tous les jours. Ce truc, c'est pourquoi a-t-elle choisi de retourner à Paris auprès de Jean-Paul Sartre alors qu'elle se chopait des orgasmes incroyables avec l'écrivain américain Nelson Algren ? Bon, avec Jean-Paul, c'était bien aussi. Surtout pour la philosophie. Mais jamais, à ma connaissance, elle n'a écrit à Sartre ce qu'elle a confié à Nelson : "J’ai un tel désir de vous", "Je ne vous laisserai pas de trêve la nuit, je m’assurerai que vous m’aimez vraiment." Nelson Algren était écrivain, engagé politiquement, intelligent, sensuel et amoureux... Une relation incarnée, ancrée dans le quotidien et dans le dialogue, imprégnée des plaisirs de la vie... désolée, Simone, mais là, je n'ai jamais pu comprendre...

Jean-Paul :

Nelson :

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25.11.2009

Le prénom, personnel, singulier et pluriel

J'avais décidé de ne pas faire de billet aujourd'hui parce que je suis de mauvaise humeur et que je n'avais pas envie d'aligner mes petites colères sur le blog. Et puis un post de Papillotes vient de me transporter dans un autre univers... le choix du prénom d'un bébé. En lisant son billet, je me suis revue à cette période où il a fallu choisir un prénom pour le « futur bébé » et qu'il fallait se dépêcher parce qu'on n'avait pas été super prévoyant. Difficulté supplémentaire, on avait choisi de ne pas connaître le sexe du bébé. Par conséquent il fallait deux prénoms. Difficulté encore supplémentaire : je m'étais opposée au fait qu'on donne en deuxième et troisième prénoms ceux d'aïeux et vieux en tous genres oubliés dans un recoin poussiéreux de l'arbre généalogique. L'état civil de mon enfant n'est pas le dépôt Emmaus de la famille. Conclusion : en un temps record, il a fallu trouver SIX prénoms, trois masculins et trois féminins.

Ce fut un garçon ! Le prénom qu'il a reçu à sa naissance était un peu suranné à l'époque et en a fait sourire ou grimacer certains : aujourd'hui c'est un prénom trendy, un peu trop à mon goût. Et pour différentes raisons que je n'avais pas perçues sur le moment, je me rends compte que mon fils ne pouvait pas porter un autre prénom ! Je me dis aujourd'hui que j'ai bien fait de suivre mon intuition et de ne pas trop écouter les autres (à part Izzie qui avait validé). Je n'avais jamais beaucoup réfléchi à toutes ces histoires de prénoms avant d'avoir un bébé. Grâce à mon fils, j'ai pris conscience à quel point un prénom est porteur d'une histoire personnelle, familiale, collective et sociale.

18.11.2009

Oser la colère

Serrer les dents, bosser, ne rien laisser paraître, assurer, être self control, en dire le moins possible sur soi : à un moment donné, on se demande pourquoi.

Se donner des objectifs, les atteindre, ne pas se donner le droit à l'échec, s'astreindre à une discipline du corps et de l'esprit : à un moment donné, on se demande pourquoi.

Se mettre en colère, parler de ses émotions, dire clairement ce qu'on veut, et ce qu'on ne veut pas, s'écouter un peu plus, s'écarter du droit chemin : à un moment donné, on se dit "pourquoi pas".

 

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Daniel Farmer

11.11.2009

On jette ou on garde ?

Je poursuis ici une discussion que j'ai engagée avec Zaza sur son blog.

Je sais qu'en ce moment, il y a des débats très, très importants sur l'identité nationale (vaste foutaise...) et sur kicékacassé le mur de Berlin. Mais enfin bon. Avec Zaza, nous avons nos propres soucis, également. Zaza aime garder les choses et n'arrive pas à jeter. Je devrais aller faire un tour chez elle car je ne connais qu'une forme de rangement : à la verticale. J'aime les maisons vides et les poubelles pleines. Quand je dis "maisons vides", on se comprend. On va dire "dépouillées". Les meubles nécessaires, quelques beaux objets, deux ou trois trucs utiles et ça suffit. Je n'aime pas l'accumulation, je ne suis pas particulièrement attachée au passé. Même en me tenant à cette ligne de conduite, je trouve que la maison est encore trop remplie.

Mon principe de jetage : ce qui n'a pas servi depuis deux ans, ne servira probablement pas dans les deux ans à venir. Donc ça fait quatre ans de stockage inutile. Dans ces cas-là, on jette ou on donne. Mais dans tous les cas de figures, ça sort de la maison.

Bizarrement, j'ai l'attitude inverse pour les jardins. J'aime les jardins luxuriants et désordonnés : le mien est dans ce style. Maison minimaliste et jardin exubérant. Ordre et désordre.

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Chris Everard

28.10.2009

Aujourd'hui est la suite d'hier

Hier, j'ai fait un billet assez "sec", qui n'était pas au sommet de la drôlitude. Je m'attendais à avoir cinq lecteurs et trois commentaires. Je me trompais. Je vous remercie pour votre lecture attentive et pour vos commentaires denses, sincères, fouillés. Plusieurs étaient d'ailleurs plus que des commentaires mais de vraies analyses.

Hier, en publiant le billet, je me disais qu'il y avait un paradoxe apparent à rédiger un texte aussi austère et à afficher des filles pas très habillées sur la bannière. Sans rentrer dans l'auto-analyse, ce paradoxe me représente bien... intellectuelle mais pas trop... sérieuse et frivole...

Hier, vous avez voté pour le sujet sur "n'importe quoi". Il ne fallait pas me tenter :

J'aurais voulu être une vache

Quand j'étais enfant, je voulais être une vache. Une vraie, une de celles qui ruminent et qui dodelinent gentiment de la tête. La bonne vache qui végète tranquillement dans les pâturages et qui n'a pas d'autres préoccupations que le brin d'herbe suivant. Une vache, quoi. Je me disais que les vaches ne se posaient pas de questions. Comme je m'en posais pas mal, des questions, et qu'elles étaient trop grandes pour mon petit cerveau, j'aurais bien aimé ne penser à rien. La vache, avec ses grands et beaux yeux vitreux, représentait pour moi un idéal de vie et un modèle intellectuel. Même si plus tard, j'ai découvert que les histoires de vaches finissent mal en général, j'ai continué à trouver que la condition bovine était un sort enviable.

Je ne suis pas certaine d'avoir abandonné cette ambition alors que je n'ai rien de commun avec cet animal. La crise de la vache folle n'a pas réussi à entamer mon rêve. Même folle, la vache est apaisante.

Concernant la race, je ne veux pas faire de discrimination. Mais j'ai un faible pour les normandes.

Vous ne trouvez pas qu'elle essaye de nous dire quelque chose ?

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From Sharon Montrose

Parce qu'il est important de mutualiser nos savoirs sur un sujet d'une telle envergure, je rajoute un lien, musical et culturel, que Gaël m'a donné : watch?v=PrY-S93V-I8. Vous pouvez faire d'autres suggestions de chansons "vachardes" dans les commentaires de son billet du jour... Demain, on s'attaque à quelle bestiole ?

24.10.2009

Le résultat du Oucékonbaise

Lorsque je vous ai posé la question "Où deux collègues peuvent-ils s'envoyer en l'air sur leur lieu de travail?", je ne m'attendais pas à autant de réponses et à autant d'imagination. Je me rends compte en vous lisant qu'il y a des endroits, dans mon univers de travail, où je ne suis jamais allée : le toit, par exemple. Une lacune à combler sans doute... En attendant, voici un récapitulatif de vos réponses. Merci à tous les participants : Frichtre, Lizly, Framboise, Aude Nectar, Sarah babille, Chouyo, Julie BBG, Val, Firemaman, Madamezazaofmars, Fafa, Izzie, Le Professeur Debbie, Marlène, Miss 400, M1, Koyangi, Thé citron, Jules, Mamzellescarlett, Bulles d'infos, Sylvie, Julie, Carole, Melle Jones, Daydreamer, Nekkonezumi, Kahlan, Mélina.

  • Dans et sur le bureau du boss
  • Sur le toit
  • Dans le local syndical
  • Dans le local à goodies
  • Dans son propre bureau
  • Dans un placard
  • Aux archives
  • Dans le parking, entre deux voitures, contre une voiture
  • Dans l'ascenseur (de préférence avec un miroir)
  • Dans les escaliers
  • Sur le canapé dans le hall près de l'ascenseur
  • Dans la bibliothèque
  • Dans la salle de conférence
  • Sur la table de convivialité
  • Dans un entrepôt
  • Sur la photocopieuse
  • Dans les toilettes
  • Dans la voiture sur le parking
  • Derrière un bâtiment
  • Dans un recoin
  • Sur un bout de pelouse
  • A la cafétéria
  • Dans la salle de repos
  • Sur Facebook
  • Dans l'estafette de l'entreprise

Le fantasme du risque d'être surpris est souvent revenu : par un fumeur quand on est sur le toit, par le boss quand on est dans son bureau, par les collègues pour tous les autres endroits, par les caméras de surveillance, par l'équipe de la sécurité.

Lorsque vous reprendrez le travail lundi, vous repenserez peut-être à cette liste...

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20.10.2009

La phobie du coude gris

C'est ma sœur qui m'a mis cette idée dans la tête. Elle m'a fait remarquer que les vieilles femmes avaient souvent la peau toute grise au niveau du coude : c'est un marqueur au moins aussi cruel que les mains flétries et tâchées. Vous devinez la suite. J'ai regardé mes coudes sous toutes les coutures. Compte tenu du nombre d'années qui me séparent de la retraite, on peut trouver assez logique qu'ils ne soient pas gris. Mais je leur ai trouvé un petit air chiffonné quand j'étends les bras. Oh pas grand chose, presque rien, mais quand même. J'ai redoublé de tartinages de crèmes en tout genre. Je me suis mise à observer les coudes des autres. L'opération n'est pas si facile. Même si elle ne comprend pas, la personne se rend compte qu'il se passe un truc bizarre. Les êtres normalement socialisés ne regardent pas les coudes des autres. J'ai arrêté mes bêtises pour éviter de passer pour une obsédée des coudes. Et je continue à me tartiner. Là, je viens de passer à l'huile d'argan. Et vous, vous en êtes où ? Au niveau des coudes.


27.09.2009

Madame Kévin a des problèmes de style

Après avoir passé mon week-end à shopper, manger et picoler, je vais avoir du mal à faire une analyse structurée de l'actualité politique du week-end.

En revanche, avec Izzie, on a bien assuré côté shopping, ce qui prouve qu'il y a quand même des domaines dans lesquels on est compétentes.

J'ai d'ailleurs une question existentielle à vous poser. J'ai hésité longuement et encore plus longuement que vous ne pouvez l'imaginer, sur un manteau fushia. J'ai sollicité trois avis de personnes qui me connaissent bien :

  • Ma soeur, Izzie, me dit : "Prends le, il va super bien aller avec la petite robe noire qui vient juste de te coûter un rein."
  • Ma mère me dit : "De toute façon, tu es belle." Bon, c'est ma mère, on est d'accord... Sa phrase est seulement révélatrice de l'ampleur de son amour maternel.
  • Mon père, qui est généralement d'un self control absolu, a fait une grimace involontaire et a osé un "C'est criard, quand même...".

Moi je me dis :

- est-ce que je ne vais pas avoir l'air d'une pouffe ?

- d'une folle ?

- est-ce que le fushia ne fait pas "vieille morue" ? Je vois parfois des mamies à La Baule qui portent des couleurs beaucoup trop vives pour elles. Ce sont les mêmes qui se mettent trop de blush.

- est-ce que le fushia ne fait pas années 80 ? Et personne n'a envie d'être la Karen Cheryl du quartier. Le premier qui vient me demander de lui chanter une chanson et de mettre un collant à paillettes, je le dessoude.

02.09.2009

Question de contexte

L'ambiance de rentrée vient renforcer ma nostalgie des vacances et du bord de mer. Tout semblait plus facile quand il y avait la plage et le soleil. Je me promenais en tongs toute la journée. Je regardais comme mon vernis ressortait bien. (Oui, j'ai une vie intérieure très riche.) Retour en milieu urbain : j'ai envie de porter encore les tongs, une ou deux fois pour préserver une trace des vacances. Et là, j'ai l'impression d'avoir une démarche négligée, avec les tongs qui claquent contre le talon, qu'on n'entend plus que cela, alors qu'avant c'était couvert par le bruit des vagues. Et que, de toute façon, je m'en foutais d'avoir les tongs qui claquaient.

En même temps que les tongs, je peux ranger le mini-short. Quand je faisais mon jogging sur la plage en mini-short, je n'étais pas plus indécente que tout le monde et, en bonus, je me faisais bronzer les jambes. Retour de vacances : si je cours en mini-short, j'ai juste l'air d'une allumeuse. Et puis le bronzage commence à partir...en même temps que l'insouciance des vacances.

Il faut que je me trouve au moins une raison d'aimer cette rentrée.

21.08.2009

Mais pourquoi je n'ai pas fait Sciences Po ?

Parmi mes (petits) regrets figure celui de n'avoir pas tenté le concours d'entrée à Sciences Po. Moins pour la culture générale - qui s'acquiert aussi bien ailleurs - que pour les méthodes de travail. Je trouve que les anciens de Sciences Po sont plus efficaces et plus « structurés » que d'autres personnes de niveaux équivalents. Si j'avais fait Sciences Po, j'aurais gagné du temps dans ma carrière, dans mon organisation de travail et dans la construction de mes réseaux. Un article de Rue 89 m'apprend que j'y aurais vraisemblablement trouvé d'autres satisfactions :

« Ils sont étudiants à Sciences Po, une de ces grandes écoles à la réputation coincée et rébarbative, et veulent casser les codes en publiant une revue érotique, L'Imparfaite. »

Cécilia (!), une des journalistes, explique : « L'Imparfaite, c'est une revue érotique, entièrement réalisée par et avec des étudiants de Sciences Po. C'est pour les pervers de toute obédience (...) »

On appréciera la délicatesse sémantique... Pervers de toute obédience, unissez-vous !

Le revue possède un blog, agrémenté de photos qui donnent une autre idée du mot « studieux » :

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Vous allez penser que je n'aborde que des sujets chauds, en ce moment. Mais juste au moment où je décide de passer à d'autres thèmes, l'actualité me rattrape... que dis-je, elle me harcèle.

 

 

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