19.11.2009

Finir à la main

Je n'y connais rien en foot, je déteste ce sport et je n'ai pas regardé le match France / Irlande hier soir. Trois bonnes raisons pour faire un billet sur le sujet.

J'étais pour les irlandais parce qu'ils ont les pubs, Robert Mc Liam Wilson et James Joyce. Et puis l'histoire de l'Irlande montre que son peuple a un courage certain. Je suis raide dingue de ce pays. (J'aime beaucoup la France également mais en ce moment, on est un peu en froid, elle et moi.)

Je m'égare, revenons aux valeurs sûres : le foot. J'ai suivi le match sur Twitter qui a rassemblé tellement de blogueurs que je ne peux pas les citer tous. Grâce à leurs messages, j'ai eu droit aux errances des joueurs français, à l'opiniâtreté des irlandais, à Domenech qui fait la tête comme d'habitude. Et puis, survient le moment où tout bascule, pendant les prolongations, quand le match de foot devient un match de hand. J'explique ce que j'ai retenu de Twitter : Thierry Henry a fait une main sur un ballon et a passé à un autre joueur qui a marqué. Tollé ! Même moi, je sais qu'au foot, il ne faut pas toucher le ballon avec la main. Logiquement, Thierry Henry a dû avoir l'info aussi. Il a peut-être oublié qu'il était sur un terrain de foot. Il se croyait sur la plage du Touquet avec son chien et il lui a renvoyé la baballe avec la mimine. Et Thierry Henry, au sommet de l'élégance, a fait comme si de rien n'était. Les irlandais avaient légèrement l'impression de l'avoir dans le trèfle à quatre feuilles. Je voudrais dire à Thierry : "C'est un truc de branleur de terminer à la main." On a senti une gêne flottante chez les commentateurs. L'heure était à la sobriété. Après Zidane qui joue avec sa tête, Henry qui joue avec sa main, le prochain, il va nous faire quoi ?

 

Mais oui, on peut se baigner en Irlande.

 

30.07.2009

Raymond la balance

Chaque semaine je vais à la piscine, avec mon fils. Un petit groupe d'habitués s'est constitué au fil du temps et éprouve du plaisir à se retrouver. Raymond est un des piliers du groupe. Un bon pépère, qui discute plus qu'il nage, qui connaît tout le monde et qui nous a gavés toute l'année avec son idole, Serge Lama. Je ne savais pas qu'il avait écrit autant de chansons, celui-là, et Raymond, c'est une sorte d'encyclopédie du Serge. On a eu droit à l'énumération du répertoire. Pendant tout l'automne dernier. Puis cet hiver. Et encore au printemps. Et j'ai bon espoir pour la période estivale. Je ne dis pas « putain ! » mais le cœur y est.
Vendredi dernier, mon fils et son copain étaient en train de farfouiller dans le débarras où sont rangées les palmes, planches, etc. Normalement, ils ne peuvent y aller qu'avec l'autorisation du maître-nageur. Cette fois, ils ont enfreint la règle et n'ont pas demandé. Avant que j'aie eu le temps d'intervenir, Raymond est allé cafter. Il a balancé les gosses au maître-nageur ! Il a dit ça avec une voix de fayot qui ferait passer Michel Drucker pour un modèle de rebellion. Je ne soutiens pas les deux gamins et j'ai réprimandé mon fils. Genre : « Le laxisme ne passera pas par moi. Surtout quand il y a du monde qui regarde. » Mais Raymond quand même... Un papy tout choupi... Dénoncer des enfants...
Je suis dégoûtée. C'est fini. Je n'écouterai plus jamais Serge Lama de la même manière.

29.07.2009

La matrice à Mireille

Mireille la caissière de la piscine, la cinquantaine bien tapée mais bien conservée, m'a fait comprendre qu'elle aime beaucoup les trucs au lit. Ou ailleurs, si c'est bien fait. Quand son mari n'assure pas, elle lui dit : « Je vais prendre un intérimaire ! Et un jeune ! » La Mireille, elle veut bien rigoler sur tout, mais pas sur la bagatelle. Ne me demandez pas comment j'arrive à susciter des confidences pareilles à la caisse d'une piscine. Franchement, je n'en sais rien.
Mireille aime bien me parler de son utérus. Je ne suis pas médecin et la seule chose que j'aie jamais faite dans une fac de médecine, c'est m'envoyer en l'air. Mais non, je rigole, mon terrain de chasse, c'était la fac de droit.
Concernant Mireille, on ne parle pas d'un utérus frais et rose qui n'est jamais sorti de sa campagne. On parle d'un organe qui a des heures de vol et qui demande une attention particulière. C'est du conseil gynéco pointu qu'il faut. Surtout que Mireille a un utérus fibromateux. Si, si. En plus, elle est négligente : ça fait des années qu'elle n'a pas fait changer son stérilet. Elle est tellement étourdie qu'elle l'a même gardé après sa ménopause. Quand elle m'en a parlé, j'ai imaginé un truc rouillé, en semi-inscrustation dans les chairs matricielles. (N'essayez pas de visualiser, c'est dégueulasse.) Avec ma petite voix poshy, j'ai dit : « Ben, à quoi il vous sert votre stérilet ? » En réponse, elle m'a fait un rictus qui voulait dire à la fois : « je ne sais pas » et « je suis un peu triste ». C'est là, qu'en plus de mes diplômes de médecine, j'ai sorti mon doctorat de psycho. Mireille a parlé de ses enfants qui grandissaient, de sa fille qui se marie cet été et qui a trouvé son premier emploi. Enlever le stérilet, c'est franchir un pas supplémentaire dans le temps. Et elle n'est pas prête : trop de signes de vieillissement à assumer simultanément. Du coup, on a oublié le stérilet et on a parlé de son physique, du fait qu'elle ne faisait pas son âge et qu'elle pouvait plaire à des hommes plus jeunes qu'elle. Si j'étais le mari le Mireille, je me ferais du Viagra en intraveineuse. Et surtout je lui accorderais un peu plus d'attention. Mais ça...

27.07.2009

Cette semaine, j'ai piscine

Je fréquente une charmante piscine municipale située dans un quartier chic d'une ville bourgeoise. Environnement arboré, jolie vue, possibilités parking, charges réduites. Je ne détonne pas dans le décor : je suis une petite bourgeoise bêcheuse. Ne commencez pas à critiquer. J'ai d'autant plus de mérite de voter à gauche. C'est toujours plus facile d'aimer les pauvres quand on n'en côtoie pas.
(Note pour ceux qui viendraient d'arriver sur ce blog : c'est du second degré. Pas la peine de me dénoncer à l'Abbé Pierre.)

Revenons aux flots bleus de ma piscine, municipale, certes, mais néanmoins très bien. Dans ce milieu aquatique, règnent également de l'humain, des relations sociales, des comportements, des personnages récurrents. Cette semaine, je vais distiller quelques billets sur les figures emblématiques de ma piscine.

A tout seigneur, tout honneur : le maître-nageur.
Pas le petit gros hargneux qui engueule tout le monde : tu te demandes même si tu as le droit de nager. Dès que tu fais deux mouvements de brasse à la suite, il te regarde d'un air mauvais.
Pas, non plus, le maître-nageur bronzé aux UV et qui s'est fait blanchir les dents. Du blanc artificiel rutilant sur des UV de merde : on se croirait dans un vieux sketch des Nuls.
Non, le troisième, c'est Daniel, jovial, cordial, des allures de papy sportif et sympa. C'est celui qui est gentil, qui fait preuve d'une patience infinie pour apprendre à nager aux gamins. Il leur prête des jeux alors que ses collègues te donnent juste l'impression de te faire une offrande quand tu leur empruntes une planche. Daniel est le chouchou des nageurs, des petits et des grands, des rires et des chants dans l'ile aux enfaaannnts. Donc c'est mon chouchou à moi aussi. En même temps, vu le niveau des autres, il gagne sans gloire. On discute un peu, il me donne des conseils techniques.
Et puis... Dernièrement, il m'a appris qu'avant d'être maître-nageur, il était CRS. J'ai contrôlé ma réaction mais, dans mon tréfonds de Madame Kévin, je n'ai pas super bien accueilli la nouvelle.
Car...comment te dire ? Parmi les métiers que je souhaiterais exercer, CRS est placé en avant-dernière position. Juste avant « employé dans une morgue ». Et puis CRS, j'ai un ou deux souvenirs désagréables dus à des manifs étudiantes. Bon, tout ça, c'est très subjectif, on est d'accord. Mais quand même. En même temps, c'est bien fait pour moi : ça m'apprendra à ne pas vivre en fonction de mes idées. La prochaine fois, j'irai dans une piscine de prolos.

26.06.2009

Courir dit-elle

Courir... Est-ce que j'y trouve du plaisir ?

Ma salle de sport habituelle étant fermée pour travaux, j'ai dû trouver une autre activité. Encouragée par le beau temps et l'achat de chaussures de running, je me suis mise à courir après les garçons.

Les premières fois... comment pourrais-je vous dire ça élégamment... j'en ai chié. J'en avais ras le bol au bout de cinq minutes. Pourtant, j'ai choisi un endroit sympa, bucolique, à la fois tranquille et situé dans un secteur urbain. Je reste en ville : je ne vais jamais seule dans la campagne, j'ai trop peur d'être kidnappée par un gang de renards. Séances diapo :

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Peu à peu j'y prends goût. Je ne pense pas ressentir du plaisir mais j'y trouve une satisfaction. J'avais pensé demander à un(e) ami(e) de m'accompagner et puis je me rends compte que j'aime bien aller courir seule, sans musique dans les oreilles, juste à trimballer mes petites pensées. C'est souvent dans ces moments-là que je trouve des idées pour mon travail ou pour le blog.

La première fois que je me suis inscrite à la salle de sport, j'y suis allée avec un ami. Sans lui, je n'aurais certainement jamais fait la démarche vu l'ambiance qui règne dans ce genre d'endroit. Mais là, courir, c'est différent, c'est quand je veux, à mon rythme. Pour moi.

15.04.2009

Arithmétique

Madame Kévin aime aller dans les salles de sport, d'abord pour le plaisir de l'effort. Elle apprécie également de regarder les beaux mecs qui font leurs abdos pendant qu'elle pédale sur son vélo qu'avance pas.
Problème : attendu qu'un nouveau client est arrivé et ressemble à Zidane en plus jeune, de combien va augmenter la vitesse de pédalage de Madame Kévin ?
Le premier qui trouve la réponse gagne une bouteille de Powerade.

(Oui, je sais, c'est bâclé. Mais j'ai un mot d'excuse : en ce moment j'ai une invitée de marque à la maison, ma soeur. Je profite de sa présence au maximum. Même si je me suis attachée à cette foldingue de Madame Kévin, en ce moment, j'ai moins de temps à lui consacrer.)

20.03.2009

Jean-Claude et sa grosse sonnerie

 

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Après « Jean-Claude is coming », voici « Jean-Claude is phoning », toujours égal à lui-même au sommet du pire.

Jean-Claude, notre grand philosophe culturiste plein de muscles et de verve, adapte sa sonnerie de téléphone au profil de sa copine du moment. Et comme il ne se sépare jamais de son mobile, même quand il soulève ses barres, ses collègues de sudation sont au courant de tout. Déjà, ça permet de savoir quand il a une nouvelle amante. Et puis on enrichit sa culture musicale. Par exemple, si Jean-Claude sort avec une bretonne, sa sonnerie, c'est du biniou. Quand il est amoureux d'une martiniquaise, c'est du souk qui ensoleille toute la salle de sport. (Oui, ici, on aime les images audacieuses). Quand Jean-Claude, il décroche, il braille « allô chérie ! » et toi, tu t'imagines la fille, de l'autre côté, en costume folklorique.

On attend avec impatience les polyphonies corses ou les chants tyroliens.

13.03.2009

Jean-Claude is coming

 

Vous vous souvenez de Jean-Claude, le philosophe de la salle de muscu (« Serre les fesses et pense à rien ») ? Aujourd'hui, il a expliqué que sa copine était trop grosse mais, qu'en faisant l'amour avec lui, elle perdait 300 ou 400 calories. Selon lui, c'est une moyenne normale à condition « d'avoir le bambou ». « Si l'homme il assure pas, la fille elle maigrit moins, tu vois. » Comme il parle fort, toute la salle en a profité. Si tu as besoin d'un invité classe pour animer tes diners, pense à Jean-Claude. Prévois un menu protéiné.

(Après une réflexion approfondie, l'équipe de rédaction de ce blog a choisi de ne pas illustrer ce post.)