06.11.2009

Le lien social, ça coûte combien ?

On a commencé à parler des jeunes, de leur avenir, des mesures qu'il faudrait mettre en place. On avait plein d'idées, presque les mêmes. On était d'accord, l'homme au pull noir et moi.

Le technocrate a dit : "je voudrais des chiffres, ça fait combien d'euros ?"

On pensait aux jeunes, à la société qu'on voudrait (un peu) améliorer pour eux. On parlait de leur entrée dans la vie d'adulte, dans le monde du travail. Que c'est difficile.

Je suis montée au créneau en expliquant que l'insertion professionnelle était devenue une phase de la vie, parfois très longue. J'ai dit qu'il fallait "socialiser les transitions", accompagner le passage de l'école à la vie professionnelle. L'homme au pull noir a ajouté : "tout le monde est concerné par l'insertion professionnelle des jeunes, soit personnellement, soit indirectement."

Le technocrate nous a interrompus : "il faudrait me donner des mesures concrètes".

Alors on a proposé des mesures concrètes.

Le technocrate a dit : "hou là, là. Rien que pour la première mesure, ça fait déjà 1 millions d'euros".

Alors on a dit que nos idées pour les jeunes n'étaient pas si coûteuses que cela. Surtout si on comparait à d'autres actions. On a parlé de social, d'humain, d'écoute.

Le technocrate a essayé de gribouiller un truc sur son bloc. Puis il a abandonné : l'écoute, ça se budgétise comment ?


cédric Bihr Maybe05.Web.jpg

from Cédric Bihr

05.11.2009

La vie ordinaire à la Pétaudière Corporation

Collègue n°1 : Faut qu'on reformate notre projet, les services centraux nous bloquent. On doit rajouter 200 heures quelque part mais sans toucher le total.

Madame Kévin : Allez ! On redispatche à l'intérieur.

Collègue n°1 : Déjà, l'unité 23, on peut en enlever

Madame Kévin : On peut en enlever combien ?

Collègue n°1 : Comme l'unité 23 est divisé en deux, on peut peut-être enlever 50 : ça ferait déjà 100.

Chantal, la secrétaire : attendez, je prends des notes.

Collègue n° 2 : Comment tu arrives à 100 ?

Madame Kévin : Mais si on touche à la 23, il faut revoir la 19. Sinon, c'est déséquilibré.

Collègue n°1 : Alors qu'est-ce qu'on peut faire pour la 19 ? Parce que la 19, on ne peut pas y toucher comme à la 23, c'est pas le même sous-total.

Madame Kévin : Ou dans ces cas-là, il faut modifier toute la 19.

Collègue n°1 : Mais on n'a pas le temps.

Madame Kévin : Et stratégiquement, c'est pas dans notre intérêt.

Collègue n° 2 : Il y a quoi dans la 19, déjà ?

Madame Kévin : Donc on ne touche pas à la 19. Et on ne touche pas à la 23.

Collègue n°1 : La 23, on peut la modifier, mais à la marge.

Madame Kévin : Mais on ne va pas gagner grand-chose. Ou alors 20 heures. Dix dans chaque partie. Il reste 180 heures à trouver.

Chantal, la secrétaire : attendez, je prends des notes.

Collègue n° 2 : Comment tu arrives à 180 ?

Collègue n°1 : Je propose que les 180 heures, on les divise en 3 et on met 60 heures dans 3 unités.

Madame Kévin : ça va pas au niveau de l'ensemble, il vaut mieux répartir dans 4 unités, ce sera plus équilibré.

Collègue n°1 : Bon alors on garde les 200 heures. On oublie le bidouillage des 20 heures qui font 180. On divise 200 par 5 et on répartit sur 4 unités différentes qui peuvent être la 18 ou la 22, la 19 ou la 23, la 20 ou la 24, la 21 ou la 25.

Madame Kévin : Oui. Là, c'est bien. Et on numérote les sous-parties 18.1 / 18.2 etc. Sinon, personne ne va s'y retrouver.

Collègue n° 2 : Ah bon ?

Collègue n°1 : Chantal ? Tu peux mettre ça au propre ? Ça doit partir en urgence tout à l'heure.

04.11.2009

Si George Clooney me demandait de coucher avec lui...

... je dirais "non" parce que c'est une image, une icône et qu'il n'est pas un si bon carburant que cela pour mon usine à fantasmes. L'expression "sex symbol" le dit bien. C'est du symbole. Bien que je m'amuse à faire les concours de bo-mecs-bo et de kipuleusex, je ne rêve pas tellement sur les "people". Je ne m'imagine jamais en train de dire : "Oooooh ! George ! Prends-moi au bord de ta piscine."

Ceux qui me font fantasmer sont les vrais hommes de la vraie vie. Ceux que je rencontre, croise, frôle... Ceux que je regarde et qui me regardent...

ceux qui me baratinent

ceux qui me font rire

ceux qui osent me contredire (pas trop quand même)

ceux qui savent se réconcilier

ceux qui savent des choses que j'ignore

ceux qui savent bien écrire

ceux qui assument d'être un peu gras

ceux qui ont des opinions (même si ce ne sont pas les miennes)


surtout ceux qui me baratinent, je crois.


03.11.2009

En roue libre et dans le désordre

On était en réunion. La tension est montée puis ils se sont tous mis à s'engueuler, chacun braillant qu'il était le meilleur. Tous, sauf un collègue et moi : tous les deux, on s'est regardé, puis on a éclaté de rire. On s'en foutait d'être les meilleurs, on préférait rigoler.

 

Un lien qui n'a rien à voir avec le texte qui précéde :

si vous avez deux minutes à perdre

 

J'avoue : moi, ça m'a occupée plus de deux minutes...

 

Un texte qui n'a rien à voir avec ce qui précède : Nahimage.

Une photo qui n'a rien à voir avec tout le reste :

adam tissue top bliss.jpg

Et ça continue sur le thème des vaches : ça se passe chez Gaël (le copain de Balmeyer).

02.11.2009

Le bruit des bulles

Quand j'ai dit "oui pour le poisson rouge", j'imaginais un petit bocal rond qu'on poserait dans un coin. Par une succession d'étapes dont la cohérence m'échappe, on s'est retrouvé avec un aquarium rectangulaire, des cailloux à mettre au fond (de deux couleurs différentes pour faire joli), une espèce de cahute, des produits à mettre dans l'eau, un truc électrique pour faire des bulles dans l'eau, des filtres, trois brochures, de la nourriture en granulés et deux poissons rouges. Qui ont vécu quatre jours pour l'un, cinq jours pour l'autre.

On a quand même laissé le truc à bulles branché, ça fait un peu de vie.